• Vases communicants (1) septembre

    Tiers Livre et Scriptopolis sont à l'initiative d'un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… "Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre."

    J'accueille aujourd'hui un texte de Lautreje dans le cadre des Vases communicants. Lautreje est l'une des premières "inconnues" à m'avoir encouragée via des commentaires parfois indulgents, parfois enthousiastes, toujours chaleureux. Elle vient me lire tous les jours, je fais de même sur ses deux sites: Lautreje et Entre-temps. Que j'accepte son invitation à participer à ces premiers vases communicants allait de soi. Nous avons écrit chacune de notre côté à partir de la photo ci-dessous et du mot Invitation. 

    Vases communicants

    Invitation - Lautreje

     

    J’avais accepté l’invitation. Pas pour eux, mais pour elle. Il y avait trop longtemps que je ne l’avais pas vue, je me languissais de nos confidences. Sa patience me manquait autant que son écoute. Elle était capable de tout entendre de moi, je le savais, je lui disais des choses que je n’avais jamais dites à personne, mais à elle je pouvais, c’était mon amie et c’est toujours mon amie. Pourtant le temps filait sous mes doigts et dans mes veines. Pourtant le temps disait « Loin des yeux, loin du cœur », je tisse ma peine. Et pourtant je pouvais venir n’importe quand, je savais qu’elle m’attendait, fidèle, sans jamais m’attendre, toujours présente, elle me prenait quand j’étais là et me laissait repartir après un dernier baiser envolé.

    Mais un tel amour a un prix, je lui devais ma vie, sans elle, il y a longtemps que je serais morte, morte dans ses bras peut-être, mais morte en tout cas. Elle a su trouver les mots pour me consoler et cela je ne l’oublierai jamais. Et voilà que cette invitation me permettait de la revoir, j’appréhendais nos retrouvailles, timides sans aucun doute, quoique peut-être me jetterais-je à son cou les joues ruisselantes de joie, peut-être serais-je pétrifiée, l’émotion peut faire cela parfois, peut-être attendrais-je le matin pour lui rendre visite.

    Je sortirai de la pièce les bras chargés de mes vêtements préparés la veille, doucement je fermerai la porte de la chambre, les pieds nus je descendrai l’escalier de bois, c’est la troisième ou la quatrième marche qui grince, je ne sais plus, puis arrivée au rez-de-chaussée, les pieds sur le carreau glacé me viendra l’urgente envie de faire pipi, j’enfilerai mes chaussettes à toute vitesse, mon pantalon, ma veste puis ma polaire, dans le placard de la cuisine au dessus de l’évier, je prendrai un morceau de pain, mordre dedans le temps d’aller aux toilettes puis très vite glisser les pans de mon long tee-shirt de nuit dans mon pantalon, zipper ma polaire, une écharpe de coton autour du cou, et voilà je pars vers toi, je remonte la rue jusqu’au chemin des Alouettes là en contrebas le long de la maison de Fernand, j’arrive, attends-moi, je viens ! Mes cheveux au vent, mon pas s’accélère, je cours presque sur les cailloux qui peu à peu laissent la place au sable envahissant, je cours vers toi et enfin je t’aperçois, Dieu que tu es belle ! Bientôt le chemin s’élargit mes chaussures laissent un bruit sourd sur les planches de bois, je n’ai d’yeux que pour toi, enfin te voilà !


    Accéder à la liste des Vases communicants de septembre.




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  • Commentaires

    1
    Vendredi 2 Septembre 2011 à 07:42

    merci pour ce bel échange Mel ! Un jour qui sait... nous partagerons peut-être un repas près d'elle !

    2
    Vendredi 2 Septembre 2011 à 14:18
    Pierre R. Chantelois

    un tel amour a un prix

     

    Et le texte de Lautreje nous en montre toute la dimension. Merci

     

    3
    mel13 Profil de mel13
    Vendredi 2 Septembre 2011 à 16:47

    @ Lautreje 

    Ce serait vraiment bien de pouvoir partager un repas ensemble: il faut qu'on essaie de s'organiser ça! Merci pour ton texte et ton invitation...

    4
    Vendredi 2 Septembre 2011 à 18:30
    brigitte Celerier

    la photo entraîne parenté, sans que l'une déteigne sur l'autre

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