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         Photo de Philippe Marc 

    Ce serait photo si belle qu'on n'aurait rien à dire sur elle. Alors on ne dirait rien et on ferait bien. Ce serait billet conditionnel qu'on dit si on elle - l'est-il vraiment? Ce serait tracasseries sur fête qu'on ne saurait plus faire - l'invitation se déclinerait-elle? Ce serait mots à trouver pour sexagénaire presqu'appelée Rrose Sélavy et que, décidément, on aurait dû mieux chercher. Alors on boirait du thé Rose-c'est-la-vie offert par une qui lirait ceci en secouant la tête avec petits bruits de langue claquettant sur le palais. Aux marches du palais, aux marches du palais, il y a une tant belle fille, lonla, il y a une tant belle fille-euh. Ce serait un jour sans



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  • le dit du ru

    On n’aurait dit que des verbes introducteurs de silence, avant d’émettre un murmure. Ce murmure aurait dit parole de ru. Le ru aurait ri, grossi de son rire, pour que ruisseau babille en rivière. Rivière aurait dit mezzo voce que n’ai-je, que n’ai-je. On aurait dit que j’avais fui le torrent qui n’a pas sa langue dans la poche. On aurait dit beaucoup trop et pas assez chanté. On aurait entendu semblance de musique. On l’aurait suivie. On aurait compris son erreur en  en ville - où de faux barbus silencieux et cyniques invitaient les enfants à monter sur de faux traineaux tirés par de faux rennes pour le vrai manège de Noël. On aurait dit chant russe  chevauchant musiques carillonnantes dans une cacophonie diabolique. Une poubelle aurait dit Crois en toi. On se serait demandé si on pouvait croire une poubelle vide. On aurait fui peut-être on aurait dit que des mensonges.

    le dit du ru

     le dit du ru















    21/11/12, Aix...

    le dit du ru

    le dit du ru


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    chute de pierres

            Sainte Anne de Goiron (La roque d'Antheron) 11/11/12

    vous fûtes nombreux à tomber de haut, ou de moins haut, à commencer par toi pierre qui laissa choir celui-là même qui t’avait dit que tu étais pierre, et que sur cette pierre il bâtirait son église étant donné que pierre qui roule like a rolling stone pas encore d’actualité n’était

    vous chûtes aussi vous les pierre desproges – par maladie à pinces à rémission à rechute – les pierre-feuilles-ciseaux – par découverte d’un puits sans fond et sans fondement – les pierre corneille -  par querelle du sidi caïd mais ce fut chut silence imposé aux académiques et rebond envolée de plus belle - les pierre de rosette pour roses de sable ou roses des vents

    et que dire de toi,  pierre qui chutes dans ton palais bulles en glissant sur une bulle de savon et sur la flûte enchantée

    si le chapeau du boiteux sur la cime a chu dans la boîte ou dans l’abîme, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, il n’aurait pas dû tomber dans le panneau.  

     

    et les saintes désespérées sont toujours les plus fleuries.

     

    chute de pierres

        église Saint-Jacques à Dieppe, le 31/10/12



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    les revenantes


    les revenantes n’en sont pas encore revenues

    pas revenues les revenantes pas même parties

    peut-être simplement plus mobiles, plus ici que là-bas

    à corps perdu cœur battant battu battant la chamade

    pam – palam – pam –palam palam palam - pam 

     

    les revenantes


    suspendues les vagues aux lèvres du ciel

    elles sourient les revenantes pas revenues pas parties

    elles te chatouillent les doigts pour que tu y croies

    et c'est toi qui n'en reviens pas mais tu pars, ça oui

    tu pars 

     

    les revenantes



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  • roman-photo #3Depuis qu’il avait perdu pied – et Nuit - Jour n’était plus que l’ombre de lui même. Épuisé, il luttait pour garder les yeux ouverts mais finissait par s’endormir. À défaut de voir les étoiles briller dans les yeux de Nuit, il aurait pu les rêver mais il n’avait plus assez d’énergie pour rêver.

    roman-photo #3

    Pendant ce temps, Nuit grandissait. En elle son cœur. Elle veillait sur ceux qui travaillaient en son coeur : ceux qui sauvaient des vies avec des bistouris et autres instruments tranchants et d’autres qui sauvaient leur vie par l’écriture. Nuit, en robe blanche, posait sa main sur l’épaule de celui qui écrivait et ce dernier ne tarissait plus. Nuit pensait encore à Jour… mais pas tous les jours. En revanche, sitôt tombée sa robe blanche, elle reprenait force dans des rêves écrits comme des textes de rêves.

    roman-photo #3

    roman-photo #3


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