• la ville parle

    la ville parleParfois, elle interdit pour mieux construire, dit-elle. En attendant le nouveau pont, elle a mis des barrières. Barrer le passage pour mieux relier, dit-elle. En attendant on ne voit plus le fleuve. Patientez, patientez, un jour vous verrez, dit-elle. Les lignes tendues sur le ciel invitent à y inscrire une portée pour la musique du générique. Le film commencera par un long travelling avant du fleuve, la caméra posée sur une barque.

    la ville parle On n'autorise pas n'importe qui à accéder à la vérité d'un pont. Il y a du secret là-dessous. Les espions industriels du dimanche, ça s'est déjà vu, persiffle-t-elle. Les visiteurs autorisés (qui sont les sources sûres?autorisées?) ne savent peut-être pas lire. Ce n'est pas grave, les sources autorisées ont tout prévu. Un code couleur: bleu "c'est permis" rouge "danger, arrêter tout mouvement". Des symboles très clairs: la panoplie de penseur de pont ou de la main d'oeuvre est la même: chaussures de sécurité, casque, gilet fluorescent, ici, c'est juste sous la panoplie que ça change. Et dans les têtes. Quant à ceux qui ne savent pas lire, ils n'allumeront pas leurs feux -ce n'est pas grave, il fait jour même la nuit près du fleuve. On aperçoit Bienvenue après les deux panneaux d'interdiction.

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    la ville parleLa nuit, la ville interdit encore, surtout dans les passages. Il ne faut rien déballer, rien montrer, garder son quant-à-soi. Il ne fait pas bon être forain dans les passages couverts coupe-gorge et la lumière jaune rend tous les visages hagards, dit-elle.la ville parle

    La ville dit aussi autre chose- c'est peut-être une autre ville d'ailleurs - elle invite à rêver de belles utopies, crie-t-elle en capitales noires sur fond jaune.

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    Au café Le Grillon, des dames montent à l'étage - ce n'est pas ce que vous pensez, ce sont des dames comme il faut qui commandent des chocolats napolitains ou des verveines - et après être passées aux toilettes -ici, ils appellent ça des proutpettes, admirent les décorations de Noël sur le cours. Charme désuet, disent-elles. Sauf une qui s'abstient. Qui pense absente absinthe. Qui pense au ponts, aux passages, et aux messages de la ville. Qui s'évapore.

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  • Commentaires

    1
    Boeglin Léa
    Lundi 21 Novembre 2011 à 19:28

    Continue de suivre votre blog.

    Toujours très beau.

    Le mien est à jour.

    " my-poetic-dream.blogspot.com " 

    2
    Mardi 22 Novembre 2011 à 07:42

    me fait penser à un travail que nous faisons actuellement en peinture : pourquoi telle ou telle couleur est choisie en communication, quels sont les codes couleurs ?

     

     

    3
    mel13 Profil de mel13
    Mardi 22 Novembre 2011 à 19:03

    @Léa: Merci pour ton petit mot: je vais aller voir ton blog...

    @Lautreje: je vais voir ce que je peux trouver sur les codes couleurs et t'en reparle.

    4
    Aunryz Profil de Aunryz
    Mardi 22 Novembre 2011 à 21:59

    Je ne voyais pas la ville aussi ... bavarde
    préter la plume et préter l'oeil
    pour voir et imaginer...

    merci

    ____________
    je ne suis pas d'accord avec la pub
    mille hommes ne font jamais le même rève
    à moins d'un Staline pour père et protecteur

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