• l'ogresse mange son pied

    Drôle de journée pas drôle. Douleur au bas du dos au

    l'ogresse mange son pied

    lever du lit qu'on tente d'enrayer par exercices appropriés sur la terrasse. Ciel indécis, mousse de nuages filandreux sur ciel d'un bleu laiteux. L'un des nuages me nargue en prenant la forme d'une colonne vertébrale tordue. J'aurais dû depuis longtemps prendre rendez-vous avec un médecin. Le faire aujourd'hui, et puisque la journée part mal, prendre rendez-vous avec les impôts. Ou alors écrire aux impôts et attendre un peu voir si douleur passe. Si passe pas prendre rendez-vous avec ostéopathe. Préférable. Ciel indécis. Se remettre en mouvement tout doucement. Mais l'idée vient d'aller chercher appareil-photo pour prendre le nuage-colonne-vertébrale qui se tord  de plus en plus et se disloque peu à peu.

    Trop de hâte nuit. Précipitation entraîne problèmes et soucis. Ca ne manque pas. Outre la douleur qui se réveille, l'appareil tombe sur le sol. Du calme, s'exhorte-t-on. Alors on vérifie l'état de l'appareil: bon, il fonctionne encore. On s'allonge sur le dos, on tire le genou droit à la poitrine, on expire le plus lentement possible. Tiens la colonne vertébrale du ciel a disparu. La mienne est courageuse. On tend la jambe à la verticale, fléchit le pied, prend une photo de son reflet dans la vitre.

    On pense au billet qu'on va rédiger. Depuis quelque temps, un personnage de la saga familiale demande son portrait. Non, c'est faux, c'est moi qui demande. C'était la soeur de ma grand-mère maternelle. Elle n'avait rien d'une ogresse. Je ne ferai pas son portrait ce soir car il mérite qu'on prenne son temps. Je dirai juste que je crois que c'est elle qui m'a offert un livre de contes illustré qui a fait mes délices mais a aussi donné corps à une de mes plus grandes terreurs d'enfant. En cause, l'illustration effrayante de la fin d'un conte au point que lorsque je tournais les pages, je passais avec des tremblements irrépressibles très vite celle-ci, connaissant de toute façon l'histoire par coeur. C'était un dessin en couleur représentant une grande cuve de serpents et de grenouilles dans laquelle tombait une ogresse. Je dis maintenant que c'était une ogresse parce qu'en faisant des recherches, ai retrouvé la fin de la Belle au Bois Dormant que j'avais complètement occultée... Car le conte de Perrault ne s'arrête pas avec le mariage de la belle endormie et du prince: celui-ci, bien falot dans le conte, lui fait deux enfants et laisse sa petite famille à son ogresse de mèrepour aller à la guerre. L'ogresse veut manger les enfants de la belle... mais tout est découvert et elle se jette elle-même dans la cuve pleine de serpents et de crapauds. La peur ancestrale de la dévoration? Probablement mais pas que.  Et puis en ce moment, avec la relecture du mythe de Procné et de Philomèle dans les Métamorphoses d'Ovide pour mieux comprendre les scènes d'anthropophagie de Titus Andronicus de Shakespeare, que reprend Viol de Botho Strauss, tout remonte à la surface. Bon, il est un peu tard pour analyser tout ça et mes fringales d'ogresse. (Penser à prendre rendez-vous avec nutritionniste).


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 4 Août 2011 à 08:15

    le dos tel l'ogre réclame sa part tandis que le pied s'amuse à faire un pied-de-nez aux nuages, reposes-toi avant d'appeler les impôts !!

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