• Le cœur et la raison se sont suicidés.

     S’échapper et revivre tirent leur épingle du jeu.  Voici tout ce que nous pourrons faire sans vous : manger trop gras, brouiller les pistes, ne jamais être là, demander à une auteure de se taire, me sentir invincible…

    La timidité se prend les pieds dans le tapis. On parle, on s’épaule. Bientôt des vaches sur les toits annoncent avec une air catastrophé : « Ça va être froid. »

    Ça se soigne !

    Ça va mieux en le disant !

    Ça me regarde !

    Et si on parlait plutôt de ça ?

    Ça fait un peu mal à la glotte de le dire !

    Ça fait longtemps que j’y pense…


    découpé-collé #5















    votre commentaire
  • J'ai voulu faire un collage uniquement à partir du matériel électoral pour voir si c'était possible de faire langue vivante à partir de langue de bois, mais l'exercice est difficile et trouve vite ses limites. Je précise que j'ai pioché dans les mots des deux candidats.

    La fatalité retrouve confiance en elle-même

    Urbains et ruraux, dès la maternelle, vous serez trop nombreux

    Aujourd’hui, vous devez rembourser nos dettes

    Dimanche prochain, la porte sera ouverte

    Un autre chemin permettra de sortir du pouvoir du pire

    L’humain est en marche

    D’outre-mer la voix souffle la passion

    Cœur m’oblige

    Lutte contre

    Possible

    découpé-collé #4

    Et puis parce que je ne voulais pas rester là-dessus, un petit centon de trois auteurs lus ce matin.

     
    ... l'effacement, comme si toujours les divinités des eaux et du vent devaient l'emporter sur la mémoire des pierres.

    Tout à fait au fond de moi-même, c'est la nuit que je trouve... la nuit, ou plutôt une lumière aveuglante.

    Nous devons rester vigilants devant le monde, et rester vigilants devant le monde, c'est être encore vigilants devant nous-mêmes.

    (Sylvie Germain, Le monde sans vous; Ionesco, Notes et contre-notes; Lagarce, Du luxe et de l'impuissance)

    Et puis encore Lagarce, parce que.


    Nous ne pouvons nous contenter de notre bonne ou mauvaise conscience devant la barbarie des autres, la barbarie nous l'avons en nous, elle ne demande qu'à nous ravager, qu'à éclater au plus profond de notre esprit et fondre sur l'Autre. Nous devons rester vigilants devant le monde, et rester vigilants devant le monde, c'est être encore vigilants devant nous-mêmes. Nous devons surveiller le mal et la haine que nous nourrissons en secret sans le savoir, sans vouloir le savoir, sans même oser l'imaginer, la haine souterraine, silencieuse, attendant son heure pour nous dévorer et se servir de nous pour dévorer d'innocents ennemis. Les lieux de l'Art peuvent nous éloigner de la peur et lorsque nous avons moins peur, nous sommes moins mauvais.


    Jean-Luc Lagarce, Du luxe et de l'impuissance,  éd. "Les Solitaires intempestifs", 2008, p.18.

     

    découpé-collé #4



     


    votre commentaire
  • Un homme, au comptoir d’un bar, en aborde un autre, muet tout le long du soliloque.

     

    J’en ai marre de penser qu’à moi. On partage un verre au bar ? Attention, cette eau délie les langues. Les taiseux me parlent…

     

     

     Et les lampadaires chantèrent.

     

     

     

     La vie offre bien plus qu’une faune sauvage. Un million de poules devraient disparaître. Il est temps de tourner la page… J’ai grandi dans le sud, dans un environnement raciste et mophobe. On m’a dit : Attention, ils reviennent ! J’ai dit : Qui ? On m’a dit : Les mots, crétin ! Chacun multiplie son pouvoir par le pouvoir des autres. On va déguster. J’ai compris ce que c’était de braver la vie comme on brave les éléments. Il n’y a pas de problème sans solution à vos pieds. C’est pourquoi les nuages nocifs s’arrêtent aux frontières. Le culte de la peur est un nuage de poussière compressée. Je n’ai rien à dire sur l’invasion des hommes-feuilles. C’est mon affaire.

     

     

     

     Le plus dur a été de tout mettre à l’intérieur.


    découpé-collé #3



     

     

     


    votre commentaire
  • La scène se passe sur le quai du port d'Amourette. 

    La poétesse : Qui va ne sait où il va…

    Le porte-parole du quai : L’aventure, c’est l’aventure.

    La poétesse : Ça vous démange ?

    Le porte-parole du quai : On ne va pas s’arrêter à cause de la pluie. 

    La poétesse : Depuis très peu de temps. Il sait qu’il va, son désir.

    Le porte-parole du quai : Ma belle je t’aime, tu es la femme de ma vie… 

    La poétesse : La mission vient de démarrer. Il serait prématuré de nous prononcer déjà sur .

    Le porte-parole du quai : Faudrait savoir…

    La poétesse: L'homme comme une seule carte, voilà tout. Homo viator.

     

    découpé-collé #2

     

     


     


    votre commentaire
  • Le temps de renouer avec les mots, et l'envie de les renouer, je trie et je range, je découpe et colle ceux des autres pour en faire des mini farces tragiques. Le premier met en scène la maîtresse de conférences et le chanteur populaire.

    découpé-collé #1


    Maîtresse de conférences : Il y a quelqu’un ?

    Un chanteur populaire : On me dit que je suis un salaud.

    Maîtresse de conférences : Vous le reconnaissez ?

    Le chanteur populaire : Ma musique n’est pas faite pour les élites, pour les gens « branchouille ».

    Maîtresse de conférences : Au départ, on n’a toujours que deux cordes vocales mais, à l’arrivée, une palette infinie de nuances. 

    Le chanteur populaire : Chanter dans le désert.

    Maîtresse de conférences : J’ai trois enfants, je suis seule, avec la crise je ne gagne quasiment plus rien. Si je m’appelais Bamboula, j’aurais plus de droit.

    Le chanteur populaire : Noyez-les.

    Maîtresse de conférences : De quel droit ?

    Le chanteur populaire : Parce que vous avez passé l’âge de demander la permission.

    Maîtresse de conférences : Vous pensez que j’ai l’air naze ?

    Le chanteur populaire : Personne n’est vraiment bien à 4 heures du matin.



     



    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique