• découpé-collé #4

    J'ai voulu faire un collage uniquement à partir du matériel électoral pour voir si c'était possible de faire langue vivante à partir de langue de bois, mais l'exercice est difficile et trouve vite ses limites. Je précise que j'ai pioché dans les mots des deux candidats.

    La fatalité retrouve confiance en elle-même

    Urbains et ruraux, dès la maternelle, vous serez trop nombreux

    Aujourd’hui, vous devez rembourser nos dettes

    Dimanche prochain, la porte sera ouverte

    Un autre chemin permettra de sortir du pouvoir du pire

    L’humain est en marche

    D’outre-mer la voix souffle la passion

    Cœur m’oblige

    Lutte contre

    Possible

    découpé-collé #4

    Et puis parce que je ne voulais pas rester là-dessus, un petit centon de trois auteurs lus ce matin.

     
    ... l'effacement, comme si toujours les divinités des eaux et du vent devaient l'emporter sur la mémoire des pierres.

    Tout à fait au fond de moi-même, c'est la nuit que je trouve... la nuit, ou plutôt une lumière aveuglante.

    Nous devons rester vigilants devant le monde, et rester vigilants devant le monde, c'est être encore vigilants devant nous-mêmes.

    (Sylvie Germain, Le monde sans vous; Ionesco, Notes et contre-notes; Lagarce, Du luxe et de l'impuissance)

    Et puis encore Lagarce, parce que.


    Nous ne pouvons nous contenter de notre bonne ou mauvaise conscience devant la barbarie des autres, la barbarie nous l'avons en nous, elle ne demande qu'à nous ravager, qu'à éclater au plus profond de notre esprit et fondre sur l'Autre. Nous devons rester vigilants devant le monde, et rester vigilants devant le monde, c'est être encore vigilants devant nous-mêmes. Nous devons surveiller le mal et la haine que nous nourrissons en secret sans le savoir, sans vouloir le savoir, sans même oser l'imaginer, la haine souterraine, silencieuse, attendant son heure pour nous dévorer et se servir de nous pour dévorer d'innocents ennemis. Les lieux de l'Art peuvent nous éloigner de la peur et lorsque nous avons moins peur, nous sommes moins mauvais.


    Jean-Luc Lagarce, Du luxe et de l'impuissance,  éd. "Les Solitaires intempestifs", 2008, p.18.

     

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