• Comédie

    Ce soir, théatre. Avec une pièce de Beckett, Comédie, forme courte pour illustrer à merveille le thème de la saison du théâtre Vitez "Pour briser la glace de la mer intérieure". 

     A l’avant-scène, au centre, se touchant, trois jarres identiques, un mètre de haut environ, d’où sortent trois têtes, le cou étroitement pris dans le goulot. (…) Elles restent rigoureusement de face et immobiles d’un bout à l’autre de l’acte. Visages sans âge, comme oblitérés, à peine plus différenciés que les jarres. La parole leur est extorquée par un projecteur se braquant sur les visages seuls. (…) Voix atones sauf aux endroits où une expression est indiquée. Débit rapide. 

      BeckettComédie (1963)        

    J'ai hâte de voir la mise en scène de Jacqueline Gudin. En tout cas, c'est une bonne idée de jouer Beckett pour ce thème: faire jaillir une parole nue, pour briser le carcan des corps enfermés dans la représentation. Oser prendre le risque d'une parole étranglée, empêchée, dans un choeur immobile, ne faire sonner que les mots de la solitude dans le ménage à trois vaudevillesque... Juste les mots, les mots de Beckett... Et je ne peux m'empêcher d'ouvrir au hasard Malone meurt, Malone immobile lui aussi dans son lit, avec son cahier et son crayon:

    Et je me réjouissais aussi, indépendamment du spectacle, à l'idée que je savais maintenant ce que j'avais à faire, moi qui  toute ma vie suis allé à tâtons, et dont l'immobilité aussi était une sorte de tâtonnement, oui, j'ai beaucoup stationné à tâtons.

      Samuel Beckett, Malone meurt, (1951)


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